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FOCUS

La rubrique Focus est dédiée à vous faire découvrir le travail de photographes émergents, diffuser leurs oeuvres.

Le collectif Les Trois Bains accorde une importance particulière à cette nouvelle génération de photographes qui choisissent comme support le procédé argentique dans leur travail.

La pratique argentique de la photographie est historiquement ancrée dans le photo-journalisme, le reportage ou le documentaire. Il nous semble important de mettre en lumière celles et ceux qui perpétuent cet héritage à l’heure où la pratique numérique est omniprésente dans ce type de travaux.

Régulièrement, nous vous présenterons un.e photographe, son parcours, ses projets, sa pratique.

Yegan Mazandarani

Né à Paris en 1991, diplômé d’un master en entrepreneuriat et négociation internationale. C’est durant son cursus qu’il débute la photographie alors qu’il passe une année d’échange à Almaty au Kazakhstan. A son retour, il rejoint l’entreprise familiale et continue de pratiquer la photographie à l’occasion de ses voyages, au sein de l’atelier d’artiste Le Lavoir ou pour les besoins de ses activités professionnelles dans la mode, la musique et l’image.

Il crée en 2016 l’Agence Sauvage – branche photographique du Studio de Création Sauvage, collectif composé de jeunes photographes parisiens travaillant à la pellicule. L’envie première à l’origine de ce projet est de rassembler les utilisateurs du medium analogique, mais surtout de réfléchir un système de coopérative de photographes-entrepreneurs travaillant ensemble au sein d’une structure à hiérarchie horizontale et participative, sur le modèle des agences Magnum ou Gamma.

Nous avons découvert Yegan Mazandarani, son oeil humble, un altruisme finement généreux associé à un travail de photojournaliste avéré.

Dans son projet « PARIAS » , il met en lumière habitants, acteurs du conflit dans la région du Donbass, une région entre L’Ukraine et la Russie qui survit au rythme d’une guerre oubliée, depuis 2014 entre forces armées séparatistes et gouvernementales.

« Pour moi, il était impossible de raconter cette histoire en quelques lignes ou sur les réseaux sociaux. J’ai voulu prendre le temps de décrire et d’expliquer à travers ce medium que j’adore, le livre, et rendre tangible ce projet. Je suis très heureux de vous présenter aujourd’hui cet ouvrage réalisé de manière indépendante en auto-édition ».

Sous forme de récit de voyage, de documentation et parfois d’anecdotes ponctuées de pointes d’humours bienvenus, le livre fait honneur à l’objet par sa qualité de fabrication élégante, responsable, soucieuse de rendre hommage à toutes celles et ceux qui vivent ou survivent cette guerre lancinante.

Auto édité, indépendant, Yegan Mazandarani a su s’entourer de professionnels afin de réaliser Parias.

  • Fred Goyeau, tireur argentique (connu notamment pour avoir travaillé avec Salgado), a effectué un travail d’orfèvre sur les 92 photos présentes dans les 172 pages de l’ouvrage.
  • Escourbiac a été en charge de l’impression: un résultat très classe, noble, responsable et cousu.

L’impression du livre a été essentiellement auto financé.
Inutile donc de vous dire que cet ouvrage a été fait avec l’oeil et le coeur, et surtout beaucoup de détermination.

Vous pouvez le commander ici, en plus de donner une aide précieuse à la pérennité de ce projet.

Plus d’informations sur : https://fr.ulule.com/livre-parias/

On ne vous en dit pas plus, a part de vous rendre au vernissage qui se tiendra le 16 Juillet 2020, et surtout de vous tenir informé des travaux de ce passionné et ambitieux photographe.

Extrait du communiqué de presse

PARIAS” est un projet documentaire mêlant photographies et textes, réalisé en septembre 2018 dans le Donbass, du côté des séparatistes ukrainiens. Il s’intéresse à cette population, ces femmes, ces enfants, ces soldats, qui vivent à l’ombre de la guerre entre tranchées et ruines depuis 5 ans. J’ai tâché de m’intéresser à leur histoire et de comprendre ce conflit, d’écouter et de photographier avec un regard doux.

Pourquoi ce titre, Parias ? D’abord, car le pays et sa population sont mis à l’écart de la communauté internationale, complètement isolés, ignorés et enclavés entre bloc de l’Est et bloc de l’Ouest ; l’existence même de leur pays est encore aujourd’hui niée. Mais aussi, car j’y ai rencontré d’autres Parias : des gens venus de France, des Pays-Bas ou d’Amérique, en marge dans leur propre pays et venu trouver quelque chose dans Donbass qu’ils n’ont pas chez eux.

Ce projet vise à informer et comprendre au travers d’une démarche empathique.

D’un point de vue technique, les photographies sont réalisées à la pellicule au petit et moyen format argentique, et les images de l’exposition sont tirées par Fred Goyeau selon un procédé traditionnel, sur papier Bergger (la dernière entreprise française de papier photo-sensible).

Le livre est imprimé sur les presses du prestigieux imprimeur Escourbiac, en France et selon un procédé respectueux de l’environnement. J’ai choisi un papier Arctic Volume Ivoire 140g et une couverture en lin noir (Toile des Marais) afin d’évoquer au mieux les carnets Moleskine noir avec lesquels je travaille au quotidien. »

76 rue St-Maur, PARIS XI
Finissage le 19 juillet 2020

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